Archive pour la catégorie 'bon, ensuite…'

Babiller

Verbe invariable, onomatopée: parler beaucoup à propos de rien et pas beaucoup plus; bavarder. En découle:babillage, nom masculin qui exprime l’action de babiller; et babillard(e), adjectif et nom en littérature qui détermine le bavard lui-même.

Ainsi, quand votre ami vous raconte toute l’étendue de sa vie, qu’il exprime la complexité de ses sentiments, qu’il y associe quantité d’événements inutiles, et qu’il ne cesse de s’écarter de l’information essentielle qu’il est supposé vouloir vous communiquer; quand votre ami vous raconte tout cela à la vitesse de l’ennui et bien qu’il le condense de manière à ce que le contenu puisse être entendu en moins de deux heures; le fait que vous sachiez déjà 90% de ce qu’il vous annonce peut vous pousser à dénoncer une certaine forme de babillage. Car ce qu’il vous dit ne vaut rien (en terme d’intérêt personnel), ou guère plus.

Par contre: La récréation commençait. Le petit-Jean avait rejoint son camarade, Bertrand, de la cinquième classe. Ils se connaissaient depuis leur toute première enfance; voisins comme cochons, s’étaient souvent salis ensembles. Cette fois, cependant, leur projet devait les amener à rester propres, si ce n’était le pantalon, à hauteur des genoux. Ils cherchèrent un instant, finirent par repérer un trou naturellement creusé dans le sol, et ouvrirent chacun leur propre sac de billes. Le premier commença: d’un geste ample, il lança sa bille qui, après avoir effectuée une trajectoire courbe, alla se figer à quelques centimètres de l’objectif seulement. Le second, profitant d’un sol assez lisse, se contenta de laisser glisser sa bille qui atteignit tranquillement mais sûrement son but. Bertrand se mit en colère tandis que petit-jean exultait. Que pouvait-il dire cependant? Après tout, aucun des deux n’avait interdit le babillage… C’est pas bon! Le babillage n’est en aucun cas la contraction des mots « bas » et « billage », d’autant que le « billage » n’est pas l’action de jouer au billes.

Babil

Nom masculin qui vient du verbe babiller: c’est un bavardage continuel, enfantin ou futile.

Ainsi, si ze disait z’à mon nounours que ze l’adore et que zi ze pouvais, z’adorerais le garder avec moi, tout l’temps! Vi monsieur! Vi madame! Et que la vie, sans lui, c’est nul! Vi madame! Vi monsieur! Et ze l’aime d’abord! Et ze dors touzours avec lui! Vi!.. Il me répondrait s’il était doué de vie et de parole: Tu as trente ans maintenant. Alors, s’il te plait, épargne-moi tes babils!

Mais surtout pas: Ba, ba, ba! Ba, babil bel! Ba, ba, ba! Ba, ba, ba, babil béééél! C’est toi qu’on aiééééme! Et tout ca me rend tout fou, parce que je fait du: ba, ba, ba… Stupide.

Babeurre

Nom masculin, contraction des mots « bas » et « beurre ». C’est le résidu liquide dans la fabrication du beurre.

Par exemple, métaphore socio-réaliste: Tandis que les riches se nourrissent de beurre, les pauvres doivent se contenter du babeurre.

Par contre: Le touriste avançait péniblement sur la glace. « Budain de Bays! Budain d’bagances! »disait-il. Il avait froid, il était enrhumé. Il faut dire qu’il n’avait avec lui que des vêtements d’été. « J’ibaginais bas la derre de veu aussi glaciale… Brrrrrr… Bublicidé bensongère, boilà z’que z’est! » poursuivit-il. Il avait cru à un territoire paradisiaque, au plus à un endroit un peu chaud, mais ne s’était pas attendu à un enfer blanc, vierge de toute vie apparente. Enfin vierge… L’ours montrait ses crocs: il était affamé et avait trouvé son repas. Par réflexe, pourtant, le touriste ahuri mitrailla la bête de son appareil photo automatique. Aussi, l’obscurité naissant, une série de flashs accompagna ses gestes, faisant fuir le pauvre animal. Quand le calme revint enfin, le touriste réalisa ce qu’il venait de vivre. Après un bref instant de réflexion, fier, il se dit à lui-même: « Bêbe babeurre! ». Non! Z’est bas bon!

Baba

En tant qu’adjectif: mot familier qui signifie frappé d’étonnement, stupéfait (1). Sinon: nom masculin d’origine polonaise qui définie un gâteau fait avec une pâte levée mélangée de raisins secs et imbibé, après cuisson, de rhum ou de kirsch (2). Quand il est « cool », ce nom suggère surtout ceux des années 70, qui perpétuaient la mode hippie; baba serait alors d’origine indienne et voudrait dire papa en hindi (3).

Exemple: L’adoléscent resta baba devant les babas cool. comment pouvait-on être fagoté ainsi? La stupéfaction passée, cependant, il recoiffa sa crête d’un geste suffisant, remit son bandeau de travers comme de mode, vérifia l’élégance des déchirures de son tee-shirt, et réajusta son jean, trois fois plus large que lui, pour qu’on puisse voir ses fesses. « Crétins! » marmonna-t-il. Les babas, eux, traçaient leur route gaiement, ne prettant attention qu’à eux-mêmes (1) et (3).

Mais n’allez pas chez le boulanger-patissier demander: « Un baba au chrome, s’iou plait (2)! » Parce que le chrome, avec le mercure, c’est pour les bobos, pas pour les babas!

B.A.-Ba

Nom masculin exprimant l’idée de connaissance élémentaire. Entre autre, on apprend le B.A.-Ba à l’école, quand on découvre la lecture et l’écriture, puisque c’est la première syllabe que l’on se met à former et à reconnaître.

Exemple: L’enfant se réveilla plein d’entrain. Il avait fait un rêve, un doux rêve, et il allait le réaliser. Il avait huit ans et savait déjà qu’il deviendrait un grand cuisinier. Pour l’heure, il devait commencer par le B.A.-Ba, il allait faire un gâteau au Yaourt. Une fois à la cuisine, il supplia sa mère de l’y aider. Celle-ci ne pu résister au regard suppliant de son unique enfant; elle accepta. Il n’acheva jamais, cependant, son oeuvre. Arrivé au moment décisif où il devait remplir le plat du mélange définitif, avant de le mettre au four, il ne pu se retenir et finit par engloutir toute la précieuse composition. 

Mais peu inspiré est de dire: « Donnez-moi, un B! Donnez-moi, un A! Donnez-moi un B.A.-Ba! Woooouuuuuu! » Les filles s’écartèrent pour laisser passer l’équipe rouge et blanche du Ba. La confrontation d’aujourd’hui promettait d’être difficile puisque leurs adversaires n’étaient autres que les seconds du championnat, les terribles Psychopathes de l’université de Ca. Supporter une équipe qui s’appelle Ba, c’est juste. Cependant, pourquoi pas.

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