Archive pour la catégorie 'Avant tout'

Abc

Nom masculin signifiant les premiers éléments d’un art ou d’une science

Exemple: Parce que mourir est un art, l’homme allait user au mieux de ses derniers instants de vie. « Pourquoi moi? » Demanda-t-il. « Ne t’inquiète pas, répondit le gardien, tu es le premier d’une longue liste. Tous y passeront. » « Pourquoi moi le premier? » Il allait passer à l’échafaud comme la plupart de ses compagnons. On ne fomente pas contre le pouvoir sans risquer la sentence maximale. « Il en faut bien un pour commencer. » « Et pourquoi il a fallu que ça tombe sur moi? » Le gardien fit un grand sourire sadique. « Pas d’chance! » Quelques secondes passèrent. Puis le condamné revint à la charge: « Pourquoi ai-je si peu de chance? » « Suffit! » « Pourq… » « Tsss! » « Mais… » « Tsss! » « Pourquoi voulez-vous m’interdire de… » Paf! La vitesse du geste avait été telle que l’homme n’avait pas vu la gifle partir. Par contre, il l’avait belle et bien sentie, une fois arrivée. « … » « ‘tention! » L’homme se tu une seconde fois. « Non mais! Finit par dire le gardien, la vie est injuste, voilà tout. » Les secondes qui suivirent pesèrent beaucoup sur l’atmosphère, et bien plus sur le gardien: la première seconde pour comprendre qu’un truc clochait; il consacra la seconde à faire défiler ce qui venait de se produire; la troisième fût la prise de conscience; la quatrième pour plonger la tête dans ses mains; la cinquième pour s’entendre dire… « Et pourquoi est-elle plus injuste pour moi que pour vous? » Le gardien, tous nerfs tendus, se mordit la main. « ça c’n'est pas si sûr, songea-t-il, pas si sûr… » L’homme devant lui l’exaspérait, il maîtrisait parfaitement l’abc du condamné: une dernière fois, une dernière fois seulement, faire chier quelqu’un avant de mourir.

Mais non: « Un dernier voeux? Oui, dites. » Le supérieur se pencha. L’homme derrière les barreaux chuchota au creux de son oreille. Puis la réponse vint:  »Affirmatif! Gémissez autant qu’il vous plaira. Ce gardien restera là pour vous écouter. » Ce dernier se déconfit. C’est l’abc des hommes de peu de pouvoir, se dit-il, que d’en user pour faire souffrir. Non! Ca, c’est une vocation!

Publié dans:Avant tout, Un jour des mots |on 29 mars, 2007 |Pas de commentaires »

Abbevillien(enne)

Adjectif et nom masculin: outil universel du paléolithique inférieur. L’abbevillien tient son nom de la ville d’Abbeville, lieu où il a été découvert. c’est une pierre de silex taillée pour donner deux faces et le premier outil reconnu comme préhistorique en France.

Ainsi peut-on dire dans un conte préhistorique: Groak (ils s’appellent tous comme ça; allez savoir pourquoi?) faisait face au terrible animal. Bien qu’il n’était pas seul, la peur le submergeait. Il était minuscule, l’éléphant méridional immense. Rien d’autre, à cet instant, ne rentrait dans ses considérations que la bête et sa propre et irrépressible envie de vivre. Il fuya. Quand il revint au camp, les têtes autour de lui restaient basses. Les femelles usaient d’abbevilliens pour dépecer les quelques animaux, fruits de longues heures de chasse, tandis que les mâles se recueillaient, pensant à leurs compagnons disparus. Ils avaient raté l’occasion de s’assurer plusieurs jours de tranquillité, ils avaient perdu de précieux camarades, et la faute entière en revenait à Groak. Lui, aucunement concerné, alla fourniquer avec Grika, la rouquine.

Mais non, dans un conte plus récent: La marionnette de bois s’anima. « Où suis-je? Qui suis-je? » Demanda-t-elle. « Une breloque! » Répondit sa conscience (qui, par ailleurs, avait nombre de traits communs avec ceux d’un criquet). « Non, assura la fée Bonnepoire, tu es un petit garçon! » Celle-ci, dérangée au moment de son départ, avait oublié de prendre avec elle des lunettes. « Mon nez! Que se passe-t-il avec mon nez? », « ton nez grossira à chaque question que tu poseras. » L’informa la fée. Sa conscience ajouta: « Parce que c’est pas bien de poser des questions! Ca fait chier les parents! » « Oui. » Répondit alors simplement le garçonnet de bois. Mais le mal était fait et sur son visage trônait, monumental, un nez aux formes abbevilliennes. (c’est pas trop ça.)

Publié dans:Avant tout, Un jour des mots |on 28 mars, 2007 |Pas de commentaires »

Abbaye (abbé, abbesse)

Nom féminin qui désigne un monastère dirigé par un abbé ou une abbesse (1). C’est aussi le nom que l’on donne aux bâtiments d’un monastère (2). L’abbé étant le titre donné à un ecclésiastique, souvent le supérieur de ladite abbaye (3). L’abbesse étant son équivalent au féminin (4).

Par exemple: les deux monastères se faisaient face. Dans la chambre la plus haute de l’abbaye la plus élevée, l’abbé préparait son sermon. Il arrêta un instant et alla à la fenêtre; Quelque chose retenait son attention: dans l’abbaye d’en face, sur le rebord de la fenêtre la plus haute du plus haut bâtiment, il pu percevoir un oiseau se poser. « Que la nature est belle! » songea-t-il. Et d’ajouter de suite: « Pas toute la nature, hélas! ». En effet, en arrière-plan, se profilait l’abbesse, nue, occupée toute entière à sa toilette. Elle portait sur elle, inaltérables, les disgracieuses marques du temps (1), (2), (3) et (4).

Mais, à moins que ce ne soit une chansonnette des écoles catholiques (mais j’en doute), on n’écrit pas: A, b, c! Abbesse et vo-tre cu-lot-te! Hihihihihi! (S’qu’on rigole!)

Publié dans:Avant tout, Un jour des mots |on 27 mars, 2007 |Pas de commentaires »

Abbatial

En tant qu’adjectif: relatif à toute sorte de choses, plus précisément à l’abbé, l’abbesse, ou encore l’abbaye (1). En tant que nom féminin, l’abbatiale est l’église même de l’abbaye (2).

Ainsi dirait-on: l’homme de foi était arrivé au terme de son long pélerinage. Devant lui se dressait l’abbaye, enfin! Il ne prit ni le temps de se nourrir, ni le temps d’un repos, et alla, décidé, se recueillir à l’abbatiale. Aussi marcha-t-il encore, lentement, souffrant, mais vers elle, vers son but. Il n’avait guère le temps de répondre à des besoins primaires, les blessures de son âme l’obsédant, il devait les résoudre. Mais le corps est machine imparfaite et il cède, parfois, à des moments cruciaux. L’homme s’écroula devant la grande porte en bois de chêne, mort, laissant derrière lui, inviolable secret, les raisons de sa quête (2).

Mais non: Tandis qu’elle me parlait, comme toutes, de choses futiles, moi, euphorique, me noyait dans ses yeux abbatiaux. Quelle joie de vivre de tels instants! Et je souhaite à tout le monde de connaître un jour au moins ce plaisir égoïste, cette jouissance providentielle (1). (mémoire d’un abbé macho) ça va pas! Rien ne va!

Publié dans:Avant tout, Un jour des mots |on 21 mars, 2007 |Pas de commentaires »

Abat-vent

Nom masculin. Invention. C’est un appareil qui empêche la pluie ou le vent de s’engouffrer dans les cheminées.

« Hé merde! » Jura le Père Noël. Il venait de s’enfoncer dans la cheminée. Pas entièrement hélas! Seuls ses membres inférieurs étaient entrés, tout ce qui se trouvait au-dessus de la ceinture restant bloqué. « Foutus Abat-vent! » Poursuivit-il. Il perdait ses nerfs. Il faut dire que ce n’était pas la première expérience de ce genre… Il inspira alors fortement, puis expira le tout, contractant son ventre du même geste. L’opération marcha au poil, il tomba. La chute fût amortie par un petit tas de braises encore incandescentes. Après s’être tapoté les fesses frénétiquement pour effacer toute flemme de son beau costume rouge, il prit cas de la situation: « Bon. me v’la en bas. Maitenant, comment remonter? » Tandis qu’il était entier à sa réflexion, l’enfant le regardait bouche bée. C’est correct.

Mais, qu’on se le dise, un désodorisant n’a jamais été un abat-vent!

Publié dans:Avant tout, Un jour des mots |on 19 mars, 2007 |Pas de commentaires »

Abdomen

Nom masculin qui définit la région inférieure du tronc de l’homme et des mammifères. Il est séparé du thorax par le diaphragme et limité en bas par le bassin (1). C’est aussi la partie postérieure du corps des arthropodes (animaux invertébrés), située en arrière des pattes marcheuses (2).

D’où le proverbe d’école: Une araignée sans abdomen, c’est comme une couturière sans pelote de laine: c’est nul! (2).

Plus étonnant serait de lire: Les druides marchèrent cinq jours et cinq nuits dans le froid hivernal. Aucun ne céda à la tentation du renoncement. Et au matin du sixième jour, ils arrivèrent enfin à déstination. Ils allaient pouvoir prier leurs dieux, résourdre leur problème: l’abdomen de pierres se hissait, majestueux, devant eux. (Dolmen! pas abdomen… Patate!)

Publié dans:Avant tout, Un jour des mots |on 17 mars, 2007 |Pas de commentaires »

Abattu

En tant qu’adjectif, ce mot signifie: découragé, prostré; on le sait. Mais en tant que nom masculin, il désigne, plus rare, la position du chien d’un fusil désarmé.

Donc, correct est: Malgré la distance, il ne fallut qu’un regard au tueur pour constater que le chien de fusil de Walliny Joe était en abattu. Il fonça alors sur notre héros, avec toute sa haine, criant, injuriant. Ce dernier, en grand professionnel du suspens, attendit le tout dernier instant pour dégainer son colt qu’il tenait discrètement caché sous la ceinture. Mal lui prit pourtant de jouer de nonchalance: il s’éffondra sur le sol, poignardé, mettant fin ainsi à une histoire prometteuse…

Par contre, ne vous attendez pas à des louanges de la part de vos lecteurs si vous écrivez: Le chien attendait. Pourtant son maître hésitait. Il est vrai que ce dernier n’avait jamais aimé le sang. Il finit d’ailleurs par décharger le fusil, laissant là, insatisfait, le chien dans un abattu caractéristique de ceux de son espèce quand l’enthousiasme vient à leur manquer, laissant au loin, naïf, le grand cerf disparaitre.

Publié dans:Avant tout, Un jour des mots |on 15 mars, 2007 |Pas de commentaires »

Abattre

Verbe transitif, du latin abbattuere, qui exprime l’action de faire tomber; renverser, tel un arbre ou un mur (1). Tuer un animal ou, plus familièrement, assassiner un homme (2). Ôter les forces physiques ou morales, comme abattre le courage de quelqun (3). Et l’expression abattre du travail consiste à accomplir beaucoup et rapidement.

Verbe intransitif utilisé en marine lors de l’exécution d’une abattée d’un navire (mouvement ou le navire tourne autour de son axe).

S’abattre: tomber comme la pluie qui s’abat sur les passants ou le cheval sur le sol quand l’obstacle est trop grand.

On peut donc citer le proverbe: « il faut abattre à la battue pour débusquer volaille, qu’il faut abattre à la battue avant d’en faire des abattis. » Bien que peu de volaille fréquente les bois (1) et (2).

Parcontre, on ne dit pas: Il essuya le rejet de sa belle. Désespéré mais toujours pragmatique, il alla abattre sa peine dans les bras d’une autre (3). A priori, on ôte pas les faiblesses avec ce verbe.

Publié dans:Avant tout, Un jour des mots |on 11 mars, 2007 |Pas de commentaires »

Abattis

Nom masculin qui désigne une coupe faite dans un bois, dans une forêt (1); les pattes, la tête, le cou, le ailerons, le foie et le gésier d’une volaille (2); accessoirement: les bras, les jambes, les mains ou les pieds de l’homme dans un langage populaire (3); chez les militaires, il s’agirait plutôt d’un obstacle fait d’arbre inclinés ou abattus (4).

Conte: le bois à l’âme-aussi-pendue-que-sa-langue avait besoin d’un peu d’air. Sa végétation était si dense que nul ne le fréquentait plus et cela le contrariait car il aimait grandement la présence humaine, surtout celle des enfants. Aussi est-ce tout naturellement qu’il proposa au bucheron local le troc de son bois contre le rafraîchissement d’un petit abattis.

Les abattis avant du boucher s’activaient sur la poulaille. A la manière du chirurgien un peu noir, tout à son occupation, l’homme était penché sur la bête et ne relevait la tête que pour sortir appendice ou organe. Patte, aileron, cou, foie, tout y passait, transformant à chaque pièce un peu plus, la volaille en abattis: sa destinée (2) et (3).

Non: Le soldat courrait, courrait, courrait, laissant derrière lui ses camarades et la folie sanguinaire, fuyant ses souffrances, il courrait. Mais nul n’à le droit de déserter en plein nerf de la guerre, mieux vaut encore mourrir au combat, ou bien se suicider. Lui avait fuit, il allait payer, la sanction serait un exemple pour tous et pour plusieurs générations. Le haut commandement usa alors de tous ses abattis, allant même juqsqu’à fouiller la région par vision satellite (4). Non.

Publié dans:Avant tout, Un jour des mots |on 10 mars, 2007 |Pas de commentaires »

Abattement

Nom masculin décrivant 1) l’affaiblissement physique ou moral. Proche de l’accablement quand on y est profond, profond. 2) la déduction faite sur une somme à payer. 3) La fraction de la matière imposable exclue du calcul de l’impot.

Aussi peut-on dire, poêtes, que l’usure du temps a pour conséquence l’abbatement de l’âme (1).

Mais « Putain! j’lui dois encore 100 euros. Ca va être dûr! » n’est en aucun cas l’abattement de la personne qui s’exprime (2).

Et oui: l’abbatement est à l’impot ce que le quartz est à l’atome: un petit rien dont nul n’a une connaissance parfaite, sauf les experts du domaine concerné (3).

Publié dans:Avant tout, Un jour des mots |on 8 mars, 2007 |Pas de commentaires »
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