Caban

Nom masculin provenant du mot arabe : qaba’ puis du sicilien : cabbanu. C’est une veste croisée en draps épais comme peuvent porter les matelots. Ce mot est à l’origine du nom Gabon, les explorateurs portugais arrivant sur les côtes africaines alors qu’un épais manteau de brouillard camouflait les terres.

 

Donc, messieurs, n’hésitez surtout pas à dire : Chérie, tu me sieds comme le caban au marin : une histoire nous lie, un brin pittoresque, et jamais, sans toi, n’aurais-je pu supporter toutes les intempéries de la vie. Comme lui, tu me protèges. Et pourtant…

J’aimerais que tu fasses un effort auprès de mes amis. Que tu fasses un effort en toutes circonstances, en fait. Ou que tu te taises. Car bien que pour le caban cela ne pèse que pour celui qui le porte, toi par contre, ce que tu dis, c’est lourd pour tout le monde !

 

Mais : Mélodies, chants et conversations recouvraient la salle dans une parfaite cacophonie, tandis que les jambes des danseuses se pliaient avant de prendre le haut, alternant de gauche et de droite, dans une synchronisation exquise. Les gens de bonne éducation assis près de la scène applaudissaient, sifflaient les filles ainsi que leur bourbon, ou expiraient le gris gazéiforme de cigares aussi distingué qu’eux-mêmes.

L’homme entra et le silence lui emboîta le pas.

Le chapeau de l’étranger, penché en avant, empêchait quiconque de croiser son regard.

Les mains se crispaient en tous coins de la salle. Tous cherchaient, inconsciemment, machinalement, le revolver absent que la société d’aujourd’hui jugeait obsolète et tellement barbare, que le père, pourtant, avait porté encore. Les regrets d’une époque révolue allaient bon train, au rythme des déglutitions, pénibles et délicates.

L’homme, lentement, se dirigea vers le comptoir, puis commanda une bière.

Alors, comme si cela était le signal attendu, l’atmosphère se radoucit, repris même ses couleurs, et tous s’affichaient, soulagés, avec un sourire plus large qu’avant alors que les pieds des danseuses atteignaient des sommets encore jamais atteints au rythme du french caban.

Cependant, sous le chapeau étranger, l’esprit d’un tueur sanguinaire commençait à se passer de raison... Non. Ce n’est pas ça.

Publié dans : Continuons, Un jour des mots |le 31 octobre, 2007 |Pas de Commentaires »

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